Interviewer, si c’est pas inné…

Après la mise à jour de ce post, j’ai eu envie de vous partager des souvenirs du début, des souvenirs sous forme de confidences : les réussites et les déboires que j’ai et que l’on a connu avec Engine Your Sound. Notamment pour changer la donne par ici et parce que je ressens le besoin d’être plus proche de ceux qui me lisent. Notre sujet d’aujourd’hui sera les interviews. Cet exercice essentiel pour monter un bon média pseudo musique ! Du moins, nous on l’a voulu.
On cherche à en mener à quasi’ chacune de nos présences en festival (parfois en concert). J’avoue ne pas participer particulièrement à des journées promo, où les artistes sont, ce jour là, présents rien que pour ça. Ils enchainent. Quelque part on a de la chance, du moins je préfère que l’on continue à fonctionner comme ça. Si « oui » parfois nous n’avons pas de bol, en tombant sur un artiste pas d’humeur qui n’a pas envie (on avait qu’à répondre présent à sa promo) on fait de la rencontre quelque chose de précieux. C’est différent et c’est notre choix. Interviewer on le ressent comme important, pour en apprendre plus sur le travail et l’intention. Ça nous permet de vous diffuser un contenu plus exclusif, qui complète la chronique et qui intéresse.
En amont, il y a tout une activité de recherche à mener sur l’artiste puis sur tout ce qui pourrait faire partie de son univers. C’est l’occasion d’apprendre. Par exemple tu le sens bien si le milieu musical tu le connais ou pas, je n’ai pas peur de dire que parfois je m’arrête 30 minutes, c’est bon d’approfondir. N’ayant franchement pas envie de me retrouver en face de quelqu’un en me sentant vide sans rien à partager au final… Ce serait aller contre mon envie d’interviewer, malhonnête. Une fois tout ça regroupé, il faut faire un bilan sur les infos récoltées. Qu’est-ce que je garde, qui est intéressant ? Il faut avoir une idée (de thème, de types de questions…) pour (toujours) reprendre le fil et mener l’interview. Moi à cette étape je commence à m’imaginer le moment, je me crée plus ou moins des attentes. Celles où je vais trop gérer ou alors celles où c’est la catastrophe  et que je ne me vois pas assurer… Ce sont ces anecdotes là que je vous propose de raconter.

Alors retrouvons-nous en 2015 avec le duo Gentle Republic l’un de mes premiers bons souvenirs qui m’est revenu tout de suite. J’étais avec Joana Balavoine au téléphone ! Je me souviens de mes retours à mes proches : « C’est marrant elle évoquait pas mal de fois son père ». « Mais élo t’étais avec la fille de Balavoine au téléphone ??? ». Je n’avais pas du tout fait le lien. Voilà si un jour vous vous demandez des détails sur mon personnage vous êtes servis ! Quoiqu’il en soit j’avais bien géré : toutes mes interrogations trouvèrent leurs réponses, on a eu deux trois pauses où on s’éloignait du sujet, vraiment agréable. Tu raccroches avec le sourire et la patate. C’est l’heure aussi de confier mon après-midi avec les Salut C’est Cool ! J’avais à la base 30 minutes de réservées avec eux, si je les avais écouté je serais restée jusqu’au repas.  3 heures c’est pas mal… Ils sont vraiment inclassables ! J’ai adoré le moment c’était bancal, parfois c’était eux les journalistes à me poser des questions sur tout et n’importe quoi. Grâce à ces 4 garçons je n’ai plus peur d’improviser et d’oser !

Moi et le leader de Public Service Broadcasting

Partons du côté des mésaventures, encore récemment, j’enregistre parfois des rencontres où j’ai passé mon temps à ne rien comprendre (pourtant ils parlaient bien français les gens !). Pas assez préparée ? Oh que si, j’avais potassé le sujet des heures mais j’avais oublié mes feuilles remplies de mes questions et d’annotations, je ne suis pas très numérique comme nana là-dessus. Le stress d’arriver sans mes bases… J’ai réussi à m’en sortir mais ça se sentait bien que j’étais hésitante. Ou encore quand j’arrive en présence de mon verre de vin ou d’une pinte de bière « Coucou ! C’est mon côté professionnel les gars ». On démarre de façon sérieuse surtout quand tu es introduite par un « Voici le média web qui souhaites te rencontrer ! » La tronche du média… Elle est pompette ? Parfois être un peu joyeuse ça m’a sauvé la vie… et mon accent anglais, ça désinhibe. Parfois j’étais trop enthousiaste et le résultat n’était pas du tout à la hauteur, j’en ai rencontré des auteurs qui font des merveilles et qui -malheureux cliché- brodent, sont prétentieux…
Il y a aussi les fois où je ne suis pas stressée pour un sous et accompagnée par quelqu’un que je forme à l’exercice. Peut être qu’on avait misé trop haut avec les Pauw (parce qu’en plus sans rire : ils sont super grands !!) Grands et habillés de manière très psychédélique, je ne savais plus si j’étais à la fin des années 60 ou en 2016. Ça vous perturbe une Élo ça, ils n’ont pas toujours compris nos questions, je n’arrivais pas à trouver le vocabulaire juste pour faire aboutir à fond chaque sujet. On s’en sort, je vous rassure, il y a énormément de respect dans ces rencontres ! C’est alors contre toi-même que tu as de la rancune. La moralité ? Il faut un équilibre de sérieux et de légèreté. La préparation est inévitable si je veux rentrer contente, si elle n’est pas assez ficelée j’assure moins.

Bon et  vous savez quoi ? De chaque réussite et de chaque échec (dont on en rit après) j’en tire quelque chose. Je sors grandie avec soit de nouvelles idées ou des choses à ne plus jamais reproduire. J’ai aussi appris à prendre du recul, à me mettre à la place de l’artiste (sans trop non plus d’empathie, à juste dose, parce que moi aussi j’ai une histoire, serait pas tant de trop le mettre sur un piédestal). J’ai appris à ne plus m’en faire tout un monde si ça ne s’est pas passé comme prévu, à rebondir et à écrire autrement si je n’ai pas obtenu ce qu’il me fallait.

Je vous partage quelques liens, n’hésitez pas à fouiner en recherchant le mot « interview » et à me faire vos retours !
J’écoute toutes les remarques !

Categories Chronique

Native du Mans, je suis une bretonne d'adoption. Il faut prendre en compte les deux. Je suis la fille spirituelle de Philippe Manoeuvre, j'aime le blues rock , les dessins d'enfant et marcher sans destination.

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