J’ai fais le Hellfest les gars

À la manière des oiseaux migrateurs, qui dès qu’ils manquent de ressources migrent vers des horizons plus propices, les métalleux étaient nombreux ce week-end à se rendre dans la petite ville de Clisson, en Loire-Atlantique, pour assister à trois jours de concerts de musique extrême.
Comme je le disais dans un précédent message, cette année personne ne pourra m’arrêter, grâce à Engine Your Sound, DIRECTION LE HELLFEST !!! Vu les groupes à venir, c’est un déflorage en bonne et due forme qui nous attend.
Encore faut-il arriver en terres sacrées, et ça ce n’est pas encore gagné…
Presque arrivés à Clisson, voilà que les gendarmes nous font des signes… et là c’est la panique. Dans ma tête je prépare toutes mes excuses pour justifier le fait que je roulais un peu trop vite, pendant que Léa m’annonce que « On a oublié ton permis à la maison ! ». Oups. Finalement il s’avère que monsieur l’agent voulait juste vérifier qu’on n’avait pas déjà commencé à festoyer avant même d’être arrivés, sauvés ! Une fois remis de cette petite frayeur, nous voilà repartis et cette fois-ci pour de bon !

Let’s go

Après avoir tourné pendant près d’une demi-heure, on a finalement réussi à trouver un parking qui ne soit pas complet. 30 minutes de marche plus tard, on commence enfin à entrevoir les principales scènes du festival –et putain qu’est-ce que ça a l’air d’être immense…-.
Une fois passé les premiers contrôles de sécurité, on a pu profiter du temps libre qu’il nous restait avant le concert de Powerwolf pour se balader dans l’espace VIP et le Hell City Square. Ça ne fait que quelques minutes que nous sommes arrivés et déjà on prend une grosse claque visuelle ! Les décors sont sublimes, travaillés. On sent que les organisateurs ont compris ce que les gens attendent du Hellfest. Ici, on ne se cantonne pas uniquement à la musique, non. Ici c’est toute une ambiance, une atmosphère qui a été pensée pour que nous, festivaliers, ayons l’impression de vivre dans notre monde durant ces trois jours de folie.
C’est le quintet Allemand de Powerwolf qui marque le début de ce week-end en enfer. Après avoir ouvert le bal avec « Blessed & Possessed », titre éponyme de leur dernier album. Durant les cinquante minutes de leur set, le groupe nous gâte avec des titres mythiques à base de « Hallelujah » et d’autres « Ave Maria » tels que « Resurrection by Erection », « Sanctified With Dynamite » ou encore « We Drink Your Blood ». Atilla Dorn en profite même pour s’improviser prof de chant et la foule adhère totalement ! C’est sous les ovations que le groupe quitte la scène et des refrains pleins la tête que nous partons explorer le reste du site en quête de quelque chose à se mettre sous la dent.
D’ailleurs en ce qui concerne la nourriture proposée par le Hell Snack, on ne peut pas dire qu’elle soit vraiment goûtue (tant qualitativement que quantitativement), mais il faut avouer que c’est une alternative peu chère en comparaison de ce que proposent les différents stands présents dans le coin restauration –de toute façon vu le temps qu’il fait, je suis plus chaud pour des bières bien fraiches que des gros burgers frites-.
C’est le ventre plein que nous nous dirigeons vers la mainstage où doit bientôt jouer Deep Purple. Bien qu’on s’y soit pris un peu à l’avance, l’avant des scènes a été pris d’assaut par la foule. Même en tentant de se faufiler, on peine à avancer suffisamment près. Heureusement, les écrans géants situés de chaque côté des scènes principales permettent de profiter du concert, et quel concert… C’est une prestation rafraichissante que nous offre le groupe anglais en alternant les titres de leur dernier album et certains de leurs plus vieux tubes. Les vieux du rock ont définitivement montré qu’ils n’étaient pas dépassés et les performances en solo de Steve Morse et Don Airey ne peuvent que le confirmer.
S’en suit alors un petit tour dans la WarZone, une scène aux allures de prison où règne en maitre une statue à la mémoire de Lemmy Kilmister, pour assister au concert des californiens de Rancid. Un peu déçu de devoir quitter la WarZone avant la fin du set, il faut néanmoins qu’on se dirige vers les scènes principales pour au concert de Rob Zombie. Contrairement au flot de personnes qui se dirige vers la mainstage 1, c’est à l’avant de la mainstage 2 que nous nous sommes orientés car oui… je voulais vraiment être à l’avant pour In Flames, quitte à y être une heure à l’avance…
Sagement agglutinés contre les barrières de la mainstage 2, c’est sur les écrans géants que nous suivons la performance de Rob Zombie. Bien qu’il approche de la soixantaine, le chanteur assure toujours autant en live et dégage une énergie spectaculaire sur scène, ça fait plaisir à voir ! Lancer d’aliens gonflables et jeux de lumières impressionnants, le groupe sait comment captiver la foule et enchaîne les titres entrainants, on est comblés !
Si il y avait vraiment un concert que je ne pouvais pas rater en ce premier jour, c’était bien celui de In Flames. Étant donné que je n’avais pas regardé les setlists de leurs précédentes dates, j’ai été très étonné de les voir commencer avec leur calme « Wallflower ». Étant fan de leurs trois derniers albums, j’ai été conquis ! Pendant une heure, le groupe envoie du lourd avec des titres comme « All for Me », « Only The Weak » et « Deliver Us » à la suite duquel Anders Fridén invite la foule à « être heureux et profiter du moment » car il a appris récemment la perte d’un de leur ami, Justin, dans un accident de moto alors qu’il devait se marier la semaine suivante. Touchés, les festivaliers ont suivi le conseil d’Anders et profité des derniers titres comme il se doit. Leur set a été un putain de sans-faute et on a du mal à les laisser partir…

JOUR 2

La deuxième journée sur le site du Hellfest commence avec Frank Carter et ses « serpents à sonnette ». On m’avait –beaucoup- vanté les mérites du groupe, je suis arrivé avec un peu d’avance dans la WarZone pour être sûr d’avoir une place au premier rang. Dès les premières notes on se prend une grosse claque, Frank Carter saute partout, balance le micro dans tous les sens, bref, il a une énergie de fou et ça se ressent dans le pit. La sécurité ne sait plus où donner de la tête et a du mal à repérer les slammeurs à cause des nuages de poussière générés par les circlepits. Dès la fin de sa première chanson, le frontman, bien décidé à s’accaparer la WarZone, n’hésite pas à donner de sa personne et monter sur la foule pour lancer leur second morceau. Le concert n’est commencé que depuis un petit quart d’heure que Frank Carter entreprend de réaliser un circle-pit géant autour de la tour régie située en plein milieu de la fosse. Pari réussi pour l’anglais qui donne naissance à une tempête de poussière et quelque chose qui ressemble plus à une piste de 4×100 mètres qu’à un circle-pit traditionnel. Le groupe sort de scène sous les acclamations de la Warzone pendant que je me dirige tranquillement vers les scènes principales où joue encore Steel Panther.
Cheveux au vent, maquillage excessif et tenues fluo moulantes, nous voilà reparti dans les années 1980 avec la bande de Steel Panther. À peine arrivé, voilà que le groupe invite les demoiselles du public à les rejoindre pour « 17 Girls in a Row ». Il faut croire qu’il fait plus chaud sur scène que dans la fosse puisqu’un grand nombre d’invitées a décidé de laisser tomber le haut. C’est sur l’avant de la scène que le groupe continue son concert et interprète ses deux derniers morceaux (« Gloryhole » et « Party All Day (Fuck All Night) ») accompagné des filles les moins prudes de l’assemblée. Ça se tripote d’un côté, ça s’embrasse de l’autre, bref… le groupe a fait monter de quelques degrés la température déjà bien chaude qui s’abat sur Clisson.
Le manque de sommeil et la chaleur assommante se faisant déjà sentir, c’est allongé dans l’herbe que j’ai profité –sans culpabilité- des concerts de Saxon et d’Airbourne. La troisième journée s’annonçant riche en bons concerts, j’ai préféré me réserver.
Après une rapide pause dîner dans un des foodtruck du Hell City Square, direction la mainstage 1 pour assister au concert d’Aerosmith. Le concert ne commence que dans 20 minutes et pourtant les gens sont déjà massés devant les scènes. On peine à avancer alors j’utilise ma technique ultime : repérer une fille qui va vers l’avant et la suivre. Ici exit l’égalité des sexes, on te regarde bien moins méchamment quand tu essayes de te faufiler et que tu es une femme. D’autant plus que ce soir, on sent que la moyenne d’âge des spectateurs est plus élevée qu’à l’accoutumée et que (privilège de l’âge, sans doute) les vieux ne supportent pas de se faire dépasser… Finalement on a fini par se planter au beau milieu de la foule, trèèèèès loin de la scène, mais avec une vue dégagée sur les écrans géants. D’ailleurs… on en parle de ces écrans géants ? Peut-être s’agissait-il d’une des conditions imposées par le groupe, mais l’entrée en scène et le premier morceau n’a pas été rediffusé. À la place, nous avons eu droit à un logo Aerosmith cadré trois fois trop bas la moitié du temps, trois fois trop haut le reste du temps. J’envie le mec à côté de moi d’avoir apporté ses jumelles, mais pour moi, ça commençait assez mal… Tout est revenu dans l’ordre une fois le deuxième morceau arrivé. Ouf ! Le groupe nous a offert une prestation vraiment intense en interprétant des titres mythiques tels que « Love in an Elevator », « Mama Kin » ou encore « Dream On » en premier rappel. On termine cette deuxième journée de festivités comblés !

Déjà la fin

En ce dimanche synonyme de fin de Hellfest, la chaleur est au rendez-vous sur le site. Les gens s’abritent tant bien que mal dans les petits coins d’ombre restants, mais pour nous ça attendra, nous sommes bien trop impatients de voir à nouveau While She Sleeps. Midi et quart passé de quelques secondes, Lawrence Taylor a réussi à déchainer la foule avec seulement trois mots : « YOU ARE WE ». Titre du premier morceau de leur album éponyme, les chants sont plus clairs que ce à quoi ils nous ont habitué sur « Brainwashed » ou « This Is the six », mais laissent place à de méchants riffs et une rythmique puissante en live. En bref, le ton est donné dès les premiers couplets et la WarZone semble apprécier. Sur scène, le frontman ne tient pas en place. À la fin de « Silence Speaks » (désolé pour ceux qui pensaient qu’Oli Sykes aurait fait le déplacement jusqu’au Hellfest pour une intervention de trois secondes… :p), on le voit disparaitre sur le côté des crash barrières, sans vraiment comprendre ce qui est en train de se passer. Quelques secondes après, c’est perché en haut de la tour régie qu’il apparait, clairement pas décidé à descendre par là où il est monté. C’est après un stage dive en bonne et due forme et un slam sur l’ensemble de la fosse que le chanteur revient sur scène pour nous livrer un énormissime « Hurricane » très significatif de ce qui est en train de se passer dans le pit. On a adoré, mais on reste vraiment sur notre faim avec un minuscule set de 30 minutes.
À peine le temps de se poser qu’il faut qu’on se dépêche pour aller vers la mainstage 1 ou doit bientôt jouer Motionless In White. Le groupe, tout droit venu des US, fait parti de ceux qu’on a déjà vu en début de semaine au Longlive Rockfest. Cette fois-ci, ils auront droit à une scène bien plus conséquente, fait rare pour un groupe de metalcore. C’est le premier titre de leur dernier album, « Rats » qui ouvre le concert. Un premier morceau où Chris prend des airs de Marilyn Manson. Malheureusement, la foule n’a pas l’air très réceptive, mais on mettra ça sur le compte de la chaleur plus que sur la performance du groupe. Il a fallu attendre les premiers couplets de « Eternally Yours » pour que la fosse se mette définitivement en mouvement, mais personnellement c’était pour moi cinquante minutes de pur plaisir !
Les quatre heures de sommeil de la nuit précédente et les 34° à l’ombre m’ont clairement assommé, à tel point que j’ai dû faire l’impasse sur le concert de « Black Star Riders » que j’ai fini par regarder au frais dans l’espace VIP.
L’après-midi continue de plus belle avec le concert très énergique de A Day to Remember. Les américains nous offrent un véritable show à base de lancer de papier toilette, de confettis et autres serpentins. La fosse ressemble à une énorme fête. Pendant près d’une heure, les gens chantent, dansent et enchainent les pogos, slams et circle pits, on en prend plein la vue dès les premiers accords. On voit bien que le groupe est habitué à de tels évènements puisqu’il maitrise d’une main de maitre les interactions avec le public et parvient à mettre tout le monde d’accord avec un son au croisement du punk et du metalcore.
C’est au premier rang qu’on se place pour enchaîner avec Of Mice And Men. Comme pour Motionless In White, c’est la deuxième fois qu’on les voit cette semaine et ce concert fait echo au précédent de par la setlist quasi identique. Pas de surprise donc, du côté des californiens, ils excellent dans ce qu’ils font et le public en redemande. On retrouve certains tires qui auront plus marqué les esprits tels que « Pain » ou encore « The Depths ».
Restrictions caniculaires obligent, le festival s’est vu coupé l’accès à l’eau potable dans l’après-midi. Les points d’eau, qui jusqu’ici délivraient de l’eau au goute à goute, sont désormais à sec. Etant donné que je ne suis pas un chameau, j’ai vite vu le scénario catastrophe arriver : déshydratation, perte de conscience, mort. Bref, c’est au bar le plus proche que j’ai pu me ravitailler en bouteilles d’eau et faire un stock dans mon sac à dos –on ne sait jamais, dès fois qu’il y ait pénurie…
Tout juste désaltéré, voilà que vient le tour de Five Finger Death Punch, découverte personnelle de ce Hellfest. Dès les premières notes je suis emballé, on est sur quelque chose d’assez groovy. Ça bouge bien et ça fait plaisir aux oreilles ! Visiblement pas au point sur l’histoire du groupe, j’ai cru comprendre le chanteur qui joue ce soir (Tommy Vext) n’est pas le chanteur « original » et qu’il remplace Ivan Moody en proie à des problèmes d’addiction. N’ayant aucun point de comparaison avec ce que fait le groupe habituellement, je peux seulement dire que le groupe a su déchaîner la fosse avec des titres qui envoient du lourd. On termine le concert sur un petit moment émotion avec « The Bleeding » et l’image de la foule briquet / téléphone en main. Le groupe a su maitriser l’heure qui lui a été accordée, on notera juste quelques petits couacs sur « Wrong Side of Heaven » et « Coming Down » où un technicien a dû intervenir sur scène à deux reprises pour accorder les guitares. Interventions tout de fois minimisées par le frontman qui en profite pour saluer le public et plus particulièrement la jeune femme qui slam en fauteuil roulant, acte qu’il considère comme étant « the most fucking metal shit [he]’ve ever seen ».
C’est avec la tête d’affiche de la journée que nous terminons notre périple en enfer. Bien que leur dernier album fasse polémique, c’est face à une mainstage 1 qui ne désemplit pas que va jouer les américains de Linkin Park. Alors oui, quitte à passer pour un gros con passéiste, « c’était mieux avant ». Pardon maman… « je préférais avant », car j’avoue avoir été très déçu par « One More Light », sans doute à cause du virage à 180° qu’a fait le groupe en choisissant l’option de l’électro-pop. C’était ballsy de venir avec la même setlist (bon ok… à deux morceaux près) que celle du Download, maintenant il est temps d’assumer et de se dire qu’on en attendait plus d’eux sur un festival tel que le Hellfest. Côté performance, Chester Bennington mène la danse et le show est rodé, force est d’avouer que le groupe est toujours au top, même sur des titres sortis il y a quelques années. Au-delà du respect que j’ai pour ces gars, j’ai trouvé moyen que certains festivaliers viennent gâcher le concert de ceux à qui ça plaisait. Au final, c’est depuis la grande roue qu’on a assisté à la fin de ce concert. J’en attendais sans doute trop de la part des américains qui n’ont finalement pas été à la hauteur de ce que j’espérais. Seuls participants à mes yeux, ils décrochent la médaille d’or de la déception de ce Hellfest.
Arthur

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